Les chroniques de Jean Marcel

Le coin du Penseur

"Si l'air est marin , il s'engage dans la narine"

Jean Marcel

 

einstein.jpeg 

 

L’homme qui rentre au foyer dans la chaleur de la nuit trouve sa femme de glace.

Si on se laisse submerger par ses sentiments, on peut se noyer dans la profondeur d’un regard.

Dans ses derniers instants, un amnésique se rappelle le moment où il a perdu la mémoire.

Si devenir vieux c’est se dégarnir en haut et se garnir en bas, autant rester jeune.

Si le dernier qui parle a raison alors le premier qui parle ferait mieux de se taire.

Réfléchir sans parler c’est garder pour soi des idées intéressantes qui n’intéressent pas les autres.

Parler sans réfléchir c’est partager avec les autres des idées inintéressantes qui intéressent les autres.

Dans une petite entreprise il faut sortir du rang. Dans une grande entreprise il faut rentrer dans le rang.

Un projet qui tombe à l’eau c’est  une chose que l’on n’avait pas envie de faire sans se l’avouer.

L’individualiste qui vante l’esprit d’équipe a compris comment réussir sa carrière professionnelle.

Il faut prendre beaucoup de recul pour donner de la profondeur à une pensée qui ouvre une perspective.

On peut parler d’immobilisme quand celui qui est revenu de tout ne croit plus en rien.

Le gros défaut de la Démocratie c’est que les gens votent pour une personne qui décide pour eux.

Le pragmatisme c’est quand celui qui se battait pour le progrès social est amené à  lutter contre le recul généralisé.

Si on adopte le point de vue du riche, il faut reconnaître que le pauvre est un rouage essentiel de la société. 

En période de crise, les blagues que l’on trouve dans les papillotes sont moins drôles que d’habitude.

La balance de la connerie n’a pas besoin d’être tarée.

Il n’y a pas de différence fondamentale entre un short trop long et un pantalon trop court.

Le politicien n’est pas foncièrement malhonnête. C’est l’électeur qui est foncièrement naïf.

Gary Cooper faisait-il du scooter quand il était scout ? 

La guerre des mondes est un film sur la fin du monde mais la guerre des boutons n’est pas un film sur la fin de l’acné. 

La bite est au marin ce que la moule est à la marinière.

Qui a bu boira. A condition de trouver un bistrot encore ouvert.

Celui qui ne sait absolument rien a toujours un temps de retard sur celui qui ne sait pas grand-chose. 

Plus on forme des managers, moins il y a d’entreprises à manager. 

Pendant la cérémonie des Molières la plupart des gens baillent aux corneilles.

La loi du plus fort en gueule est toujours la meilleure façon de se faire entendre.

Que celui qui paie content me paie la première traite.

Quand les obèses domineront le monde, les top-modèles pèseront autour de 100 kilos.

Depuis l’invention du cinéma parlant, les acteurs muets sont au chômage.

Le jour où l’homme ne coupera plus d’arbres, l’écureuil sera le maître du Monde.

On peut être à demi convaincu et faire partie de la majorité.

Baver sur les rouleaux c’est une taquinerie de coiffeur.

Quand les poules auront des dents les chauves s’arracheront les cheveux.

Quand on s’engueule avec le poissonnier on hausse le ton.

Le jeune homme boit pour devenir un homme, le vieil homme boit parce qu’il a perdu sa jeunesse, l’homme entre deux âges boit parce qu’il a soif.

Mieux vaut un opéra de Verdi qu'un apéro au vin de pays.

Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain moussant car cela pollue la nappe phréatique. 

On peut déshabiller Pierre tout en déshabillant Paul. 

Péché bancaire avoué est complètement pardonné. 

Qui vole un œuf au plat vole un bœuf aux carottes. 

Le temps c’est de l’argent sauf si on est mal payé. 

Un UDF de perdu, dix UMP de retrouvés. 

Un homme averti gentiment en vaut deux battus sauvagement. 

Qui veut aller loin dans les mots fléchés ménage sa monture de lunettes.

Quand on veut noyer son enfant on dit qu’il est hyperactif

Si un phoque est privé de mer il devient otarie.

Si l’air est marin il s’engage dans la narine.

S’il suffisait de ne rien dire pour bien se faire comprendre je serais le premier à me taire.

Si les animaux pouvaient parler je n’aurais vraiment rien à leur dire.

Mieux vaut être riche en Chartreuse que pauvre dans la Meuse.

Le croyant français doit aller au moins une fois dans sa vie à Disneyland.

En France on vante beaucoup le travail d’équipe pour obtenir le maximum de l’individu.

Pour le parti au pouvoir, le carré de l’hypocrisie est égal à la somme des casés des partis opposés.

En France on admire les grands hommes. Mais on vote pour les petits.

Alain Bernard est le seul français à nager à la vitesse d’un cheval au galop.

Le français ne sait pas ce qu’il veut mais il sait ce qu’il ne veut pas.  Au bout du compte le français n’a jamais ce qu’il veut et toujours ce qu’il ne veut pas.

La France est le pays des droits de l’homme. On vote pour un homme qui a tous les droits.

Mieux vaut un petit crachin sur la fesse qu’un gros crachat dans la face.

Un con qui parle du nez a déjà trouvé un sujet de conversation.

La télévision c’est l’endroit où les gens superficiels ont des pensées profondes.

On veut nous faire croire que c’était mieux avant alors que c’est pire aujourd’hui.

La vengeance est un plat qui se mange froid quand on n’a pas de four micro-ondes.

La télé-réalité c’est quand la fiction est aussi pitoyable que la réalité.

L'imbécile heureux ne connait ni son bonheur ni son niveau d'imbécilité sinon il serait malheureux comme une pierre et con comme un balai

Quand une exploitation agricole dépose le bilan, c'est un peu de liberté de panser qui s'envole.

Ce sont ceux qui n'ont rien à dire et qui devraient se taire qui rendent les conversations interminables.

Celui qui se ronge les ongles aujourd'hui s'en mordra les doigts plus tard.

Quand les conseilleurs seront les payeurs ils n'auront que des bonnes idées.

Le maquillage gothique c'est confondre Yves Rocher et pierre tombale.

La malchance pour une vieille actrice c'est le manque de peau.

On peut faire une dépression quand on découvre qu'on a le doigt plus gros que la narine.

Si Dieu a tout inventé, qui a inventé le préservatif ?

Un philosophe c’est comme un vieux fusil : Il prend du recul.

J’encourage de toutes mes forces les sectes qui pratiquent le suicide collectif.

Un beau mec qui sort avec une fille moche c’est dommage pour lui. Une belle fille qui sort avec un mec moche c’est encourageant pour moi.

Un objet inutile peut avoir un taux de rentabilité exceptionnel : regardez la Tour Eiffel.

Je suis pessimiste. Quand je vais au cirque, je me demande toujours si le lion a mangé à sa faim avant d’entrer en piste.

Quand vous pétez devant un sourd, mettez votre main sur votre bouche, il croira que vous avez roté.

Un coup manqué c'est un hold-up stérile à la banque du sperme.

Je signale à tous les adversaires de la corrida que dans Carmen le toréro s’en sort bien, que la cigarière se prend un méchant coup de canif et que le taureau est mort de rire.

Si vous connaissez un type qui vole aux riches pour donner aux pauvres, pouvez-vous lui laisser mes coordonnées ?

L'anglais roule à gauche et vote à droite. Le français fait tout du même côté.

Le génie sait qu'il est un génie et se conduit en homme ordinaire alors que l'homme ordinaire ne sait pas qu'il est ordinaire et se prend souvent pour un génie.

Tant que je n'aurai pas vu une paupiette de veau revenir à la vie, je ne croirai pas aux miracles.

A la mi-temps d'un match de water-polo on doit changer l'eau quand les joueurs transpirent beaucoup.

Il faut toujours mettre un slip propre quand l'ophtalmo fait un fond de l'oeil.

Si l’Univers est infini alors le nombre de cons est exponentiel.

Le comble du cynisme... Dire à une femme qu'elle est belle uniquement pour profiter du covoiturage.

Le comble du jeunisme... Voter pour la fille uniquement parce qu'elle est plus jeune que son père.

Le comble du voyeurisme...Regarder par le Judas pour voir si Jésus revient.

Le comble de l'étourderie... Poser cent euros sur la table de chevet après avoir fait l'amour avec sa femme.

L'homme qui inventa la poignée de porte était un battant qui avait horreur que les gonds restent sans rien faire.

Installer un plancher chauffant dans un igloo est une prouesse technique qui démontre bien que l'Enfer est pavé de bonnes intentions.

Icare aurait dû faire une école de commerce pour apprendre à voler.

Quand les onze coups de minuit retentissent, il est temps de remettre les pendules à l'heure.

Si je suis réincarné en chien j'irai mordre un chasseur avant de me jeter sous un camping-car.

Si la crotte de chien était musicale, la promenade en ville serait une symphonie.

Le veau souffre-t-il encore quand il est pané ?

Depuis la retraite d'Aimé Jacquet, aucun type de la Loire n'a retrouvé un boulot correct. 
 
Pour écrire ses mémoires un amnésique doit avoir beaucoup d’imagination.

L’alcool fait des ravages, surtout quand on en jette sur le barbecue.

Il faut une sacrée volonté pour ne plus se regarder dans la glace et se trouver beau malgré tout.

Les bouchers qui mettent un s à merguez ont toute ma sympathie.

Aujourd’hui quand une personne parle toute seule on croit qu’elle est au téléphone.

Depuis 1912, les icebergs sont prioritaires quand ils arrivent de la droite.
 
La choucroute en boîte est au gastronome ce que la tong est au randonneur.


Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 20:57
- Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Par Jean Marcel - Communauté : LES COPAINS D'ABORD

 

images 

Excusez la maladresse de ces quelques lignes. J’ai l’humeur morose, les doigts gourds et le moral dans les baskets. Je n’avais pas prévu de me lancer dans la carrière littéraire quand les perdreaux m’ont mis le grappin dessus. C’est donc un conteur débutant, je dirais même un conteur bleu si j’avais le cœur à rire, qui vous écrit de derrière les barreaux. L’avantage de la prison, c’est qu’on a le temps de faire des phrases, de soigner les tournures, d’aller au fond des choses. Ne vous attendez pas à des fulgurances à la Marc Lévy ou à des rebondissements style Les mémoires de Michel Drucker. Non, moi c’est du récit simple, pur sucre, du vécu qui sent sous les aisselles et aussi un peu de l’entrejambe. Une histoire de malfrats doublée d’une histoire d’amour, mise en musique par André Verchuren et David Guetta. Bon, allez, j’y vais, attachez vos ceintures, préparez vos Kleenex, ajustez vos Pampers, ça va chialer dans les chaumières.

Solange ressemble un peu à Monica Bellucci. J’ai bien dit un peu, faut pas pousser non plus. C’est vrai, je la regarde avec les yeux du mec amoureux, je concède qu’avec un tantinet d’objectivité c’est comme si on comparait une escalope de dinde à une tranche de rumsteck. Une jolie volaille, Solange. D’ailleurs quand elle est toute bronzée et qu’elle enlève son soutien-gorge on se rend compte que c’est le blanc le meilleur, comme dans la dinde. Elle a l’allure gracile de la jeune femme émancipée du Nord-Dauphiné, une dégaine à présenter la Roue de la Fortune ou un truc comme ça. Sa face B est une aubaine, un miracle, pour  l’amateur d’escalade et de randonnée alpine. Quand on arrive au sommet de la grande vorace et qu’on plante le drapeau ça vous valorise le bonhomme, une vraie prime d’intéressement, croyez moi, il en a fallu des efforts pour vaincre un dénivelé pareil. Côté intellect, Solange, c’est pas Marie Curie ni même Françoise Sagan,  elle comprend vite mais faut lui expliquer longtemps. Solange n’a pas inventé l’eau tiède et encore moins le marteau à bomber le verre mais elle se débrouille, surtout pour compter les biftons, on va en reparler plus loin.

Quand je l’ai rencontrée ça été le coup de foudre, comme un ouragan qui passait par là, avec tsunami de baisers et dépliage immédiat de banquette clic-clac. Le corps à corps farouche, sans concessions, tous les coups sont permis, pas de galanterie excessive ou de minaudage inutile, accroche-toi aux rideaux,  récite-moi ton bréviaire version Kâma-Sûtra. La partie de cache-cache a duré trois jours et trois nuits : « Coucou je suis dans le placard, si tu me trouves t’as un gage ». Solange sort  d’une grande déception professionnelle, elle s’est fait licencier d’Auchan pour avoir refusé une seconde fellation à son chef de rayon. Comme elle est encore sous le choc, elle se venge de la gente masculine en me faisant subir des sévices que je souhaite à mes meilleurs amis. Je goûte à toutes les nouveautés : L’éolienne de Montélimar, le tourniquet de Privas et la noix confite de Grenoble. Rien que des versions Béta non répertoriées. Et votre serviteur en guise de cobaye.

Ah Solange,! comme tu me manques, je donnerais cher pour t’avoir encore cinq minutes sous la main.

Moi c’est Norbert, dit Nono, dit Mandrin. Voleur depuis ma tendre enfance. Braqueur et chef de bande à la carrière exemplaire. Jamais une bavure. Des baraques vidées proprement, des banques essorées sans violences, des fourgons délestés sans bazooka, des courtiers chloroformés avec délicatesse, la grande classe quoi. D’où le surnom de Mandrin, l’homme qui vole les riches pour donner aux pauvres. Sauf que moi je garde tout, pas con le Nono, faut pas me confondre avec Zorro. Je suis pas là pour améliorer le sort des prolos encroumés ou des retraités au régime jockey. Je suis un bandit, un détrousseur, sans foi ni loi, mais avec des principes. Et j’ai bafoué le premier de ces principes : ne jamais se faire repasser par une gonzesse. Je m’en veux tellement que j’ai envie de mettre des coups de boule dans les murs.

Quand on dit que l’Amour rend aveugle on est loin du compte en ce qui me concerne. Stevie Wonder, Ray Charles et Gilbert Montagné sont des clairvoyants à côté de mézigue. Avec moi à la vigie, le père Christophe Colomb n’aurait jamais découvert l’Amérique, garantie sur facture. Je suis vraiment le roi des glands, avec la larme à l’œil because mon honneur bafoué et mon magot perdu. Enfin quand je dis perdu, l’oseille n’est pas paumée pour tout le monde. J’en connais une qui doit se faire reluire l’anatomie, à poil sous les tropiques,  la liasse de dollars entre les nichons, la carte bleue bien au chaud dans la raie des fesses, un Bloody Mary dans une pogne, un toast au caviar dans l’autre. Gourmande comme pas deux, la madone des terres froides doit s’envoyer en l’air avec tout le personnel masculin du Palm Beach de Miami. Le sommier doit être costaud, chauffé à blanc par le flux et le reflux des marées hormonales de la traîtresse en rut. Et moi, pendant ce temps -là, pauvre poire, je me fatigue l’imagination sur la couverture de Télé 7 Jours avec Claire Chazal en robe du soir. La tendinite me guette. La speakerine ça a jamais été trop mon truc. A part peut-être Jacqueline Huet, mon premier émoi télévisuel, mais ça nous rajeunit pas, elle doit fumer les mauves sous les décombres de l’ORTF à l’heure qu’il est la Jacquotte.

Revenons à nos moutons. Avec ma troupe de malfaisants j’ai écumé la région Rhône-Alpes en long, en large et en travers. Le Crédit Foncier de Saint-Flour, c’est moi. La Caisse d’Epargne d’Annonay, c’est moi. L’hippodrome de Lyon-Parilly, c’est moi. Des casses à la pelle, tous plus magnifiques et rémunérateurs les uns que les autres. En tant que chef de gang, j’ai prélevé ma dîme. Normal, me direz-vous, le personnel d’encadrement doit percevoir le fruit de son labeur, de son implication dans l’entreprise. Toujours au plus près du personnel, jamais refusé un entretien avec un employé dans l’embarras. Un patron, quoi, avec un salaire de patron. Conscient des dangers de la vie moderne, peu confiant dans la sécurité des établissements bancaires, j’ai mis mon pécule sous mon matelas, réflexe héréditaire de paysan dauphinois. Les emmerdes ont commencé quand j’ai posé Solange sur mon matelas. Là, pour le coup, je sais pas si c’est héréditaire, mais j’ai été con comme une valise sans poignée. Rien vu venir le Mandrin. L’appel de la braguette plus fort que la méfiance. La Love Story foireuse avec la caissière spécialiste de la flûte enchantée. Le plongeon dans la luxure comme disent les cathos serrés du fion. Grandeur et décadence d’un seigneur du braquage artisanal. Moi dont la ligne de conduite est de ne jamais rien donner à autrui, Téléthon compris, j’ai fait un don de cent briques pour quelques saillies exceptionnelles mais sévèrement tarifées.

Pour compléter le tableau, la Solange, pourtant très moyenne en français, s’est fendue d’une lettre anonyme, entièrement découpée dans le Dauphiné Libéré, qu’elle a glissée avec malice dans la boîte de la maison Poulaga.

Et voilà, fin de l’histoire. Je vous avais prévenu, c’est pas Gone with the Wind ou Docteur Jivago, ça manque un peu de lyrisme. Le type qui se fait rouler dans la farine, ça a un petit côté fadasse mais c’est un cri lancé à la face du Monde.

Si vous passez par Clairvaux cet été, faites un petit détour par la prison. Demandez Mandrin. Toujours content d’avoir un peu de visite…

 


Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 10:08
- Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Par Jean Marcel - Communauté : LES COPAINS D'ABORD

beauf.jpg 

Jamais pu sentir les chasseurs…

Le gros, l'adipeux, le gras du bide avec une tronche de poivrot, la moustache poivre et sel, trois poils sur le caillou, qui roule dans une voiturette sans permis.

Le sec, le nerveux qui tourne en rond, le fort en gueule marié avec une grosse vache, qui tire à l'aveuglette en se prenant pour John Wayne.

Le benêt, le suiveur qui obéit aux ordres, qui boit tous les matins son Benco préparé par Maman, le sourire ravi de celui qui ne comprend rien mais qui acquiesce quoi qu’il arrive, bon soldat entièrement recouvert de Kaki.

Le jeune, tout fier de son fusil neuf, encore plus con que son père, qui laisse sa femme seule le dimanche devant Drucker, sa petite femme toute mignonne qui ne tardera pas à se trouver un autre mec, disponible et sexuellement performant.

Le vieux, nostalgique du casse-pipe, qui voudrait qu'on lâche du fellaga dans la forêt, le vieux encarté chez Nonoeil, bleu marine jusqu'au slip, spécialiste du retour au pays dans le bateau, réformé pour ses pieds plats, qui enrage de ne pas avoir eu vingt ans dans les Aurès.

Belle troupe de blaireaux, la honte d'un pays civilisé, des gens qui s'emmerdent le week-end et qui paient pour avoir le droit de flinguer les faisans d'élevage.

Bang Bang. Les plombs de chevrotine viennent s'écraser dans les branches au-dessus de ma tête. Je me remets à courir...

 

Les désœuvrés dominicaux sont rassemblés au PMU du coin.

Sur le petit parking j'ai vu les 4x4 boueux remplis de chiens et d'armes de destruction massive. Les Rambos assoiffés picolent avant de monter au front. Faut se donner du courage pour affronter les animaux sauvages de la Pampa dauphinoise. Et puis jouer au tiercé, pour ces gens là, c’est presque un devoir civique, un geste républicain.

Le vin blanc et le pastaga coulent à flots.

Ça parle fort, ça gesticule, ça sent l’anis, la fumée de papier maïs et la botte en caoutchouc.

C'est un matin d'humeur chagrine, je viens de me passer une belle engueulade avec Madame à propos d'un point de détail devenu subitement cause d'affrontement. J'entre dans le bistrot pour boire un petit noir salvateur quand je suis bombardé par une rafale de rires gras. La troupe de dégénérés en tenue camouflage se bidonne en me montrant du doigt.

Je suis parti de la maison en colère et, dans le feu de l'action, j'ai enfilé le pantalon de pyjama de Madame. Un charmant futal rose avec des pois rouges. Et j'ai gardé mes charentaises fétiches qui datent du premier mandat de Mitterrand.

La moutarde me monte au nez quand on se fout de ma gueule, c’est plus fort que moi, surtout quand les moqueurs sont des viandards patentés.

C’est vrai que je suis fringué comme un qui va faire son coming out à sa vieille mère qui revient de la messe. Mais ce n’est pas une raison pour m’humilier, la chasse aux homos est fermée depuis belle lurette.

Je m'offre alors une minute de pur plaisir, un enchantement, une gâterie, une friandise.

J'insulte les paras-militaires avec un vocabulaire choisi, façon Audiard teinté de Frédéric Dard.

Mais ces mots, pourtant recherchés, sont visiblement peu appréciés par les lourdauds en treillis qui ne lisent que les gros titres du Dauphiné Libéré, organe central des forces réactionnaires de l’Isère et des environs.

Le vieux, qui fait office de chef, hurle à mon intention : « Cours enfoiré, cours... » et je pars en courant, réflexe pavlovien de l'animal qui sent la mort prochaine, mon instinct de survie en mode clignotant, le palpitant à deux-cent coups minute.

Les tueurs avinés, armés jusqu'aux dents, ont enfin trouvé un gibier à leur mesure.

Un type de gauche, en pyjama et pantoufles, sorti tout droit de La Cage aux Folles, qui les a traité de tous les noms d'oiseaux.

Sans le vouloir j'ai donné du bonheur à des ingrats qui veulent me faire la peau.

Quand on déclare la guerre aux cons on n'est jamais sûr de la gagner.

La guerre c'est leur spécialité.

Bang Bang. Le danger se rapproche. Sont capables de me toucher ces crétins.

Jamais pu sentir les chasseurs… 

 

 


Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 08:57
- Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Par Jean Marcel - Communauté : LES COPAINS D'ABORD

 cover preview

 

J'ai commencé l'écriture de petites chroniques autobiographiques il y a environ deux ans. Le premier de ces articles s'appelait "Apprenti" et les commentaires élogieux des lecteurs m'ont encouragé à continuer...

Grâce à vous, aujourd'hui, je publie mon bouquin, en vente en ligne chez l'editeur Atramenta.

Merci à tous

Jean Marcel

Pour en savoir plus:

http://www.atramenta.net/books/quand-jetais-gone/28

 


Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 11:47
- Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Par Jean Marcel - Communauté : LES COPAINS D'ABORD
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés